Comment les chirurgiens ont résolu les problèmes de Pénélope

Il y a un mois, la chatte Pénélope, âgée d’un an et demi, changea brusquement de comportement. Cet animal d’habitude si calme devint soudain agressif, souffrait de crises régulières et perdait l’équilibre. Quelque chose n’allait pas… Mais quoi ?

Conscient que quelque chose n’allait pas, le maître de Pénélope se rendit à une clinique AniCura. Les vétérinaires y effectuèrent un scan de la boîte crânienne du chat.

Le diagnostic ? Une « anomalie congénitale de la croissance de la boîte crânienne et du développement du cerveau, avec une hydrocéphalie à un stade avancé et une diminution significative du volume du tissu cérébral ».

L’hydrocéphalie est une maladie causée par une accumulation pathologique de liquide dans les cavités du cerveau, appelées ventricules, et/ou dans les espaces entre les méninges. Il s’agit plus précisément du liquide cérébrospinal (LCS), anciennement connu sous le nom de liquide céphalorachidien (LCR).

La pathologie est due à l’obstruction des voies de circulation de ce liquide, qui ne peut dès lors plus s’écouler normalement. Ce phénomène se produit lorsque le patient a une inflammation ou une tumeur (hydrocéphalie acquise), mais la maladie peut aussi être héritée des parents (hydrocéphalie congénitale). Dans les deux cas, les ventricules prennent trop de volume et augmentent la pression dans le cerveau, provoquant ainsi une réduction du tissu cérébral.

Confrontés à un pronostic vital réservé, les vétérinaires étaient inquiets. Les traitements médicamenteux n’offrent, en effet, qu’une efficacité à court terme. Seule une intervention chirurgicale complexe peut garantir un résultat durable, mais le taux de réussite se situe entre 50 et 80 pour cent.

Le maître de Pénélope décida de faire confiance aux vétérinaires et l’on fixa un rendez-vous pour l’opération. C’était la première fois qu’une telle intervention était réalisée à la clinique. Pendant l’opération, les chirurgiens créent un canal de drainage artificiel entre le cerveau et l’abdomen (dérivation ventriculo-péritonéale), qui permet d’évacuer le LCS vers la cavité péritonéale, où il sera absorbé. L’intervention se décline en trois phases : placement d’un cathéter dans les ventricules du cerveau, placement d’un cathéter péritonéal et connexion des deux cathéters à une minivalve.

Ce fut un succès : après une longue et méticuleuse opération, Pénélope se réveilla dans la salle de convalescence. Quelques jours plus tard, elle pouvait à nouveau bouger et était prête à rentrer chez elle. Elle a récemment découvert le plaisir des jouets pour la toute première fois. Aujourd’hui, Pénélope est un animal heureux, qui ronronne de plus belle et croque la vie à pleines dents.

Circulation normale du LCS (Wikibook.org – Neurosciences)